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Journée de colère sociale: mobilisation massive dans les cortèges, déjà un succès selon les syndicats
information fournie par AFP 05/11/2026 à 15:04

Manifestation à Nantes le 5 novembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Manifestation à Nantes le 5 novembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Déjà un "succès" pour les syndicats: les manifestations pour les salaires avaient rassemblé à la mi-journée des centaines de milliers de personnes hors région parisienne, mettant le gouvernement sous pression pour concéder une hausse importante du Smic.

La CGT recensait plus de 250.000 manifestants dans 73 cortèges à 13H00 tandis que l'entourage du ministre de l'Intérieur donnait pour la même heure le chiffre de 270.000 manifestants dans 180 cortèges, se déroulant "globalement bien", hors Paris.

Une mobilisation massive, à l'appel de la quasi-totalité des syndicats avec le soutien des organisations de jeunesse, après celles très importantes des 17, 24 et 31 octobre.

"Nous savons d'ores et déjà que cette journée sera un succès", a déclaré la responsable de la CGT Sophie Binet, en tête de la manifestation parisienne place de la République.

Le départ du cortège, dans lequel ont pris place les candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann (accueilli par des sifflets) et Marine Tondelier, a été précédé d'une minute de silence pour les victimes de l'attentat raciste dans les Yvelines.

"La CFDT a des très bonnes remontées des mobilisations", s'est également félicitée la responsable de la CFDT Marylise Léon.

"La question qui est posée aujourd'hui, c'est pas est-ce qu'on va gagner" mais "combien va-t-on gagner ?", selon Sophie Binet qui exige "10% d'augmentation du Smic".

Marylise Léon, qui demande un coup de pouce du Smic de 100 euros, a réclamé "des réponses concrètes" à la fois "au gouvernement en tant qu'État employeur et aux responsables des entreprises, des organisations patronales" afin de répondre à la difficulté actuelle" des Français "à boucler les fins de mois".

Le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a évoqué sur franceinfo l'annonce " probablement demain" (vendredi) d'une "mesure sur le Smic".

"Ras-le-bol"

"Ça fait trois semaines qu'on se mobilise et c'est complètement stérile, il n'y a aucune prise de conscience de ce qui se passe, on voit juste les casseurs et des poubelles qui brûlent", déplore Raphaël, agriculteur de 50 ans, venu manifester avec ses enfants à Bayonne. Il n'a pas souhaité donner son nom de famille comme la plupart des personnes interrogées jeudi.

A Marseille, Léa, 31 ans, "en a ras-le-bol de compter son argent". "Ce mouvement social donne espoir", estime l'assistante sociale.

A Lyon, la préfecture a recensé 30.500 manifestants, la CGT 55.000, soit davantage que lors des manifestations contre la réforme des retraites en 2023. Des tensions sont apparues en tête de cortège, un photographe de l’AFP, qui portait son brassard presse, a reçu cinq coups de matraque lors d’une charge de CRS.

Ce premier appel depuis la rentrée à rassembler secteur public et privé voit se rallier lycéens et étudiants (avec des tentatives de blocage comme à Strasbourg, Marseille ou Bordeaux), les gilets jaunes (qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis) mais aussi, entre autres, les agriculteurs de la Confédération paysanne.

Dans le coeur de Paris, des dizaines de lycéens se sont massés dans la matinée rue de Rivoli, faisant face à un important dispositif policier. Catherine, 61 ans, professeure d'histoire-géo était présente depuis le petit matin avec une dizaine de professeurs pour "veiller à ce que (les lycéens) soient le plus en sécurité possible".

Près d'un millier de lycées sont bloqués ou fermés administrativement, selon le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, quand Matignon n'en décompte que 81 sur les 3.700 du pays. Près de 16% des enseignants sont en grève, selon le ministère.

Dans l'Enseignement supérieur, un tiers des établissements sont "perturbés", selon le gouvernement. L'Union étudiante recense, elle, "90%" des quelque 70 universités de France "mobilisées", c'est-à-dire bloquées ou fermées.

Bras de fer

Bien décidé à éviter de nouvelles images d'émeutes comme celles du 17 octobre qui avaient fait le tour du monde, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé mobiliser 70.000 policiers et gendarmes, promettant "une réponse d'une extrême fermeté".

Après les nombreuses manifestations émaillées de violences et d'affrontements depuis plusieurs semaines avec les forces de l'ordre, cette journée de mobilisation s'accompagne de protestations sur des atteintes alléguées à la liberté de manifester, face aux interdictions dans plusieurs villes de défiler dans certaines

Manifestation à Marseille le 5 novembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Manifestation à Marseille le 5 novembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

parties des centres-ville, comme à Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg. A Paris, les organisateurs ont finalement obtenu de défiler dans le centre après un bras de fer avec la préfecture.

Si à Angoulême aucun bus ne circulait, les transports étaient globalement peu perturbés en cette journée de grève.

A la gare Montparnasse, Jeanne, psychologue, a attendu quatre heures avant d'arriver à Tours mais elle se montre compréhensive : "C'est pénible de se lever tôt, d'attendre et de voir son train annulé, mais c'est normal qu'il y ait grève".

Les touristes qui espéraient en revanche visiter la Tour Eiffel ou l'Arc de Triomphe ont été déçus, les deux monuments sont restés fermés.

15 commentaires

  • 16:11

    Ces politiciens ne sont pas là pour se servir mais pour servir le peuple !!!! t’en ai pas capable alors dégage du paysage politique !!!


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